Congrès « Computer In Libraries 2008 » – Arlington – Jour 3

2008-04-09

Dernier jour de congrès. Aujourd’hui, la thématique que j’ai choisi de suivre est ‘Open Source’. Première présentation:

The Open Source Landscape

Marshall Breeding brosse un portrait sans complaisance de l’évolution du marché de l’Open source dans le domaine bibliothéconomique. Il observe une tendance intéressante et digne de mention mais qui demeure encore marginale lorsque l’on compare le nombre de sites opérationnels avec ceux utilisant un produit commercial. Néanmoins, il ne s’agit pas ici d’un phénomène passager. Les applications les plus populaires telles Koha et Evergreen ont derrière elles une communauté dévouée qui leur assure une certaine stabilité et un poids critique suffisant pour les rendre attrayantes auprès du milieu. Ce n’était pas le cas il y a seulement quelques années. Breeding mentionne à titre d’exemple que des 4 projets de systèmes intégré de bibliothèques à code source libre disponibles en 2002 (Avanti, Pytheas, OpenBook et Koha), un seul a survécu. Le niveau de risque associé à l’Open Source était alors extrêmement élevé. Aujourd’hui, des firmes se spécialisent dans l’implantation et le support de telles solutions: Liblime pour Koha et Equinox pour Evergreen.

Breeding mentionne également certaines autres applications dignes de mention dont les projets ‘OPALS’ et ‘NextGenLib’. La présentation PowerPoint de Breeding se trouve ici.

Open Source Library Automation

Kyrille Goldbeck et Godmar Back font une démonstration extrêmement convaincante de LibX, un utilitaire permettant de créer une barre d’outil personnalisée par chaque bibliothèque et pouvant être redistribuée sous forme de plug-in non seulement sous Firefox (ce qui semble tout à fait naturel) mais également sous Internet Explorer. Cette barre d’outil étant constamment présente, l’usager peut à tout moment effectuer une recherche dans le catalogue. Il est possible de personnaliser l’outil pour y inclure le serveur de recherche relayée local. Enfin, un icône retournant au catalogue local apparaît à côté des références présentées par plusieurs services reconnus (dont Amazon). Autrement dit, ce produit génère des effets boomerang qui retournent l’utilisateur vers des ressources offertes par la bibliothèque partout où c’est possible. Une bonne façon d’assurer sa présence. Pourquoi ne pas proposer une extension de ce type à tous les usagers de la bibliothèque?

La nouveauté de ce produit est qu’il existe maintenant un utilitaire en ligne permettant de préparer un fichier de configuration adapté à nos ressources locales. La plupart des SIGB commerciaux y sont reconnus. Il serait probablement possible de préparer un ‘package’ adapté à un système maison. Les tests que j’ai effectués cet après-midi sont encourageants en ce sens.

Quelques liens:

Fiche LibX sur Wikipedia

Site officiel de LibX

Open Solution to Offer Superior Services

Une présentation extrêmement convaincante de Ching-hsien Wang du Smithsonian Institute sur le SIRIS (Smithsonian Institution Research Information System). L’interface est basée sur une combinaison Lucene/SOLR et exploite les données de plusieurs entrepôts qui sont ingérées en XML plutôt que d’être moissonnées. Le résultat est assez impressionnant. Essayez de faire une recherche et remarquez l’usage ingénieux que ce système fait des facettes. Il est en effet possible de les utiliser sous forme d’exclusion. En effet, lorsqu’on appuie sur le signe ‘-‘ associé à une facette, celle-ci apparaît dans la partie supérieure gauche de l’écran et exclue du résultat de recherche les notices qui y sont associées. Une bonne façon de reconduire une partie de la puissance du booléen dans une interface de recherche intuitive. Chapeau. Le Cross Catalog Saerching Center est disponible ici. La consultation de ce catalogue est très bien adaptée aux médias. On peut faire afficher un diaporama des images résultant d’une recherche. Beau à couper le souffle.

Bon Je finis mon périple sur cette belle note.

Retour à Montréal demain matin.

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Congrès « Computer In Libraries 2008 » – Arlington – Jour 2

2008-04-08

D’abord une réflexion tirée d’une présentation de la journée d’hier au sujet de l’adoption des nouvelles technologies par le plus grand nombre: « Tools don’t get socially interesting until they get technologically boring ». À méditer, surtout pour les développeurs…

Première conférence: « Next Generation Library Interfaces » par Marshall Breeding.

Breeding débute par des statistiques ‘choc’ qui font le cauchemar de la communauté bibliothéconomique. Lorsque vient le temps de d’effectuer une recherche documentaire voici vers quels outils se tournent les usagers de niveau secondaire en premier lieu:

89% Search engines (Google 62%)
2% Library Web Site (total respondents -> 1%)
2% Online Database
1% E-mail
1% Online News
1% Online bookstores
0% Instant Messaging / Online Chat

Ces données auraient de quoi terrifier si on ne les connaissait (ou pressentait) pas déjà. Face à cette situation, Breeding propose d’accélérer la marche et de rendre au plus tôt disponibles ces nouveaux environnements de recherche et de découverte (dont nous aurions déjà du disposer il y a 5 ans). Les balises qu’il propose sont les suivantes:

  • Relevancy ranking
  • Facets
  • Queries enhancements (spell checks)
  • Suggested related results
  • Appropriate organizational structures (tags, etc.)
  • Enriched visual and textual content
  • Single sign-on

Tout cela est assez connu. Le problème est que plusieurs joueurs importants du Web dont Amazon, Google scholar et Wikipedia fournissent déjà du contenu aux internautes, et ce, de façon beaucoup plus efficiente que la plupart des systèmes de bibliothèques existants. D’où un complexe d’infériorité croissant dans le milieu bibliothéconomique. Ce malaise, quoi que diffus, est par ailleurs omniprésent depuis le début du congrès. Entre les discours lénifiants tenus par certains conférenciers qui voient dans les chiffres les plus pessimistes une raison de se réjouir et les visions catastrophiques proposées par certains autre prophètes, on sent bien que la communauté bibliothéconomique cherche encore à redéfinir son rôle et que la partie est loin d’être gagnée.

La présentation de Breeding est disponible ici.

Drupal & Libraries

Un nombre impressionnant de bibliothèques universitaires utilise Drupal. La communauté de développeurs est extrêmement prolifique. On parle de groupes d’uilisateurs comportant plus de 36000 membres, des canaux IRC pour les ‘geeks’, plus de 1900 modules et extensions disponibles. Attention toutefois souligne la présentatrice Ellyssa Kroski: le pire côtoie souvent le meilleur. À regarder de plus près. La présentation d’Ellyssa se trouve ici.

Catalog Effectiveness: Google Analytics & OPAC 2.0

Cette présentation démontre comment on peut utiliser Google analytics pour produire des statistiques d’utilisation de l’OPAC. Moi qui croyait que ce produit ne pourrait être utilisé que sur un site Web statistique, me voilà confondu. Par ailleurs, ce produit, totalement gratuit pour tout site qui récolte moins de 5,000,000 de ‘hits’ par mois mérite amplement le détour. Au prix d’un petit ajout de script en haut de chaque page Web, on obtient une quantité impressionnante d’informations sur l’utilisation du site. À revisiter pour nos propres besoins.

En terminant, une petite réflexion inspirée d’un commentaire entendu hier: « Internet itself is considered by users as local storage ». On observe en effet une tendance croissante chez les internautes à confier leurs documents et contenus à des services d’hébergement spécialisés sur le Web. On pense aux fournisseurs d’hébergement d’images tels Flickr ou Picasa et plus récemment aux services de gestion des documents tels ‘Google Docs’. Si l’utilisation de tels services par un individu semble aller de soi, il en va tout autrement à mon sens en ce qui a trait aux institutions. Ces dernières ne peuvent reposer sur des fournisseurs n’ayant aucune obligations envers elle pour mener à bien leurs activités ou entreposer des contenus. À cet effet, l’exemple d’hier concernant le projet mené par la Library of Congress sur Flickr donne à réfléchir. Ainsi des bibliothèques qui utilisent Amazon comme fournisseur de contenu enrichi.

Bon, avant de fermer l’ordi, une dernière citation: « There is no way to predict the future but if we build system that can change rapidly than we’ll be able to face the new challenges that future will bring ». (Je cite de mémoire). Bonne fin de soirée.

Au fait, c’est mon anniversaire aujourd’hui.

Youppi.

Congrès « Computer In Libraries 2008 » – Arlington – Jour 1

2008-04-07

Première journée au Congrès « Computers in Libraries 2008 » qui se déroule à Arlington (en banlieue de Washington) du 7 au 9 avril.

Durant le mot d’ouverture, j’apprends que cette conférence est l’un des plus gros ‘shows’ dans le domaine en Amérique du Nord. Quelques chiffres: plus de 2000 participants, 186 présentateurs et modérateurs, 5 « conference tracks » simultanés qui permettent de choisir entre plusieurs présentations intéressantes. Un très gros événement qui en est à sa 23e édition.

Beaucoup de matériel pour une seule journée:
Les buzz-words pour aujourd’hui: UGC (User Generated Content), Social Networking, widgets, blogs, etc. On voit que les bibliothèques cherchent encore à tirer les marrons du Web 2.0 du feu avec beaucoup d’enthousiasme, et, il faut l’avouer, parfois un certain manque d’esprit critique. L’objectif de rejoindre l’usager là où il est mérite toutefois d’être poursuivi. C’est ce qu’on propose aux bibliothécaires, sans ambiguĩté: « Aspire to be a node in people social network ».
Les réseaux sociaux sont en effet de plus en plus perçus comme des lieux pouvant servir à l’apprentissage, à l’entraide et, ultimement, à la résolution de problèmes. D’où l’intérêt d’y être présent.
Sur le UGC (user generated content), pas mal de choses aussi, dont cette allocution de Roy Tennant (le guru d’OCLC) en fin de journée. Roy a fait part de plusieurs initiatives de bibliothèques d’intégrer le contenu provenant des internautes. Il mentionne un projet de la Library of Congress qui a déposé sur Flickr une collection de 3000 photographies anciennes pour lesquelles peu ou pas d’information était disponible. En peu de temps, la LC a récolté près de 1400 commentaires et environ 1000 tags qui ont permi d’enrichir les métadonnées de ce corpus. Roy mentionne, à juste titre il me semble, que le ‘social tagging’ appliqué à un domaine a plus de chance d’être de qualité lorsque le nombre de taggeurs est élevé. Comme il le souligne: « the more people, the more data, the better it gets » (je cite de mémoire). Autrement dit, lorsque les tags sont très nombreux, il en résulte un phénomène de validation interne qui fait que les données les plus excentriques se déposent au fond de l’aquarium alors que les informations convergentes surnagent, disons. La métaphore est de moi.
Côté gadgets, je retiens le site http://browsershots.org/ qui permet de vérifier le rendu d’une page HTML sous une variété impressionnante de versions de navigateurs et pour les plateformes Windows, Mac et Linux. Peut-être que cet outil est bien connu, mais enfin, de mon côté, j’avoue que ça a été une découverte.
Quelques extensions pertinentes pour Firefox également. D’ailleurs, le présentateur a commencé son allocution en demandant: « How many of you use Firefox? If you don’t, you should ». Paf.
Beaucoup d’informations sur les widgets. J’y reviendrai. Je remarque que la popularité de ces services monte en flèche car ils sont extrêmement simples à enficher dans n’importe quelle page Web. La forme la plus répandue dans les présentations auxquelles j’ai assistées est la boîte de Chat « Meebo » qui est un aggrégateur de messagerie instantanée. De plus en plus de bibliothèques se servent de ce service pour afficher leur présence et permettre aux usagers de dialoguer avec eux. L’éternel et, semble-t-il, insoluble problème de la référence à distance trouve ici sa solution toute simple. Une perle à ce sujet: J’ai vu un site de bibliothèques (je ne me rappelle plus lequel) qui propose à l’usager ayant effectué une recherche infructueuse au catalogue une boîte de chat lui permettant de rejoindre immédiatement un bibliothécaire, avec cet intitulé: « Would you like to ask a librarian? »
Bon, je m’arrête ici pour ce soir. Demain, les thématiques sont très intéressantes: « Next generation Library Interfaces » (par Marshall Breeding, une sommité dans le domaine), « From Woepac to Wowpac », « Drupal & Libraries », etc.
A+